Portrait du mag - Fatima Goual : La femme de l'espoir

Publié le : 
Mercredi 7 novembre 2018 - 16h02
Thème d’actualité : 
solidarité
Portrait de Fatima Goual

En s’attaquant au fléau du sexisme, qui a la peau dure, la coordinatrice du CIDFF 76 (Centre d’information sur les droits des femmes et des familles) lutte avec force contre les violences faites aux femmes.

En France, une femme sur dix subit des violences conjugales (84 000 victimes de viol ou de tentative de viol chaque année). Une femme en meurt tous les trois jours. Célébrée le 25 novembre, la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes approche doucement. Le CIDFF 76 mène ce combat-là au quotidien : il fait partie de ses missions premières. Salariée de l’association depuis 19 ans, la coordinatrice Fatima Goual connaît le sujet sur le bout des doigts. "Pour nous au CIDFF, la violence conjugale est une violence sexiste. Il y a un continuum : la prostitution, les mariages forcés, l’excision, le cybersexisme, le harcèlement de rue, les violences sexistes et sexuelles au travail, les violences conjugales. Parce que l’on vit toujours dans une société à domination masculine, dans une hiérarchie des sexes."

Fatima rappelle que jusqu’au milieu des années 60, les femmes devaient demander l’autorisation à leur mari pour travailler, ouvrir un compte bancaire, s’inscrire à l’université. Et il a fallu attendre 1970 pour que l’"autorité parentale" remplace la "puissance paternelle". "Encore aujourd’hui, on hérite de cette culture, très vivante dans l’inconscient collectif." Fatima anime des séances de prévention dans les collèges et les lycées sur les violences dans les relations amoureuses et la notion d’égalité dans le couple. "J’explique aux élèves ce qui est tolérable et ce qui ne l’est pas." Avant de devenir le bras droit de la directrice Nathalie Lecordier, Fatima, d’origine tourangelle, a intégré le CIDFF en 1999 au poste de conseillère emploi formation. Avec comme bagage un DESS Ingénierie de l’innovation - conduite et accompagnement du changement.

"Avec le temps, j’ai compris que mon emploi s’accordait avec mon cursus puisque je participe au changement des mentalités !" Des progrès, elle en a connu, en deux décennies. Notamment la création du Pavif (Pôle d’accueil violences intra-familiales), 19 rue Armand-Carrel, en 2012. "On ne parle plus d’enfant témoin mais d’enfant co-victime.", indique au passage Fatima. Le Pavif, porté par le CIDFF, l’ONM (Œuvre normande des mères) et le Caps (Comité d’action et de promotion sociale), a reçu 500 appels et suivi 347 personnes en 2017. Autre avancée, le dispositif TGD (Téléphone Grave Danger) destiné aux femmes les plus menacées. "Un jour, un être humain sera une personne avant d’être un sexe. J’en suis persuadée. L’égalité s’imposera comme une évidence. Il en ira un peu comme de l’interdiction de la cigarette dans les bureaux ou de l’obligation du port de la ceinture de sécurité : on se demandera comment on a pu vivre sans."


L'info en +

Dans le cadre du groupe opérationnel de prévention des violences faites aux femmes des Hauts-de-Rouen, la Ville sensibilise 50 professionnels du territoire rouennais : "Repérer, comprendre et écouter les femmes victimes de violences", le 26 novembre (13h15 - 16h30) à l’auditorium du pôle culturel Grammont.

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