Dans le cadre de la campagne "Les méfaits du bruit", le chanteur Da Silva apporte son témoignage concernant les risques liés aux bruits, notamment les acouphènes dont il est lui-même atteint.
Problèmes auditifs, comment ça commence ?
Emmanuel Da Silva : Plus ça va, plus vous montez le volume, parce que vous avez envie de ressentir des sensations. Il ne faut pas mentir, c’est quand même une super sensation d’écouter de la musique très fort.
Donc, évidemment j’ai commencé en jouant fort, très fort. Déjà, j’ai commencé par le punk rock, ensuite la musique industrielle.
Sans prévention à l’époque, je ne savais même pas. On me disait "Tu vas être sourd !". Mais je n’en avais rien à foutre d’être sourd. Je disais "Mais je m’en fous d’être sourd ! Plus je vais être sourd, plus je vais jouer fort !".
Sauf qu’on ne m’avait pas dit que je n’allais pas être que sourd ! Qu’en plus de perdre un peu d’audition, j’allais surtout avoir des acouphènes.
Les conséquences dans la vie d’artiste ?
Emmanuel Da Silva : Je vais enregistrer mon quatrième album bientôt, mais ça demande des aménagements. Sur scène, je suis avec des ear monitors, il y a des personnes qui s’occupent spécialement de mes retours. Ça demande tout un équipement aujourd’hui pour que je puisse faire de la scène. Je ne pourrais pas faire de la scène comme un jeune groupe qui a les oreilles toutes fraîches, qui peut mettre des wage à fond et tout ça.
Ces lésions-là sont irréversibles. Je n’ai pas envie de faire flipper tous les acouphéniques de France. Aujourd’hui je fais de la musique, je suis quelqu’un d’épanoui dans la musique. Mais ce n’est pas très marrant les acouphènes !
Comment se traduisent les acouphènes ?
Emmanuel Da Silva : Les acouphènes, ça peut être une fréquence pure, un sifflement, un bourdonnement. Ça peut être un bruit, des ailes de papillon froissées.
Et puis le volume de l’acouphène va varier, selon votre état de fatigue, selon votre état de stress.
Après, on focalise plus ou moins dessus, elle est plus ou moins forte et les personnes sont plus ou moins résistantes pour accepter cette accouphène.
Dans l’acceptation on est aussi inégaux.
Un message ?
Emmanuel Da Silva : S’il est trop tard et si aujourd’hui on a des acouphènes ou de l’hyperacousie, on s’en sort !
Je n’ai pas envie de dire "C’est la fin des haricots". Okay ?
C’est dur, c’est pas facile, parfois c’est super dur mais il faut essayer de mettre quand même un message positif.
Mais c’est éprouvant, très éprouvant.