Histoire

Si j'avais su, j'aurais pas entendu
Marie-José Bernanose-Van Gheluwe

Henri, Pierre, Jean. Le grand-père, ses deux fils. Tous Bernanose. Tous résistants morts en déportation ou peu après. Une survivante : Marie-Louise, femme d'Henri. Quelle jeunesse pour Marie-José et Pierre, les petits enfants, qui vivent avec leur mère les effets-retard de la déportation ? Marie-José, aujourd'hui présidente d'une grande entreprise de fabrication d'articles de sport de la région, témoigne du quotidien de l'après-guerre et de l'inaltérable traumatisme des horreurs du nazisme. Marie-José Bernanose-Van Gheluwe rencontre les lecteurs jeudi 10 mars à L'Armitière à 18h.

 

Fabert - 2011

Jour J
Duval, Pécau

Depuis avril 2010, le scénariste rouennais Fred Duval travaille main dans la main avec Jean-Pierre Pécau pour réécrire l'histoire. Une entreprise ambitieuse qui a amené les complices à envisager quelques tournants inédits dans la vie du monde. Ainsi, la série démarrait-elle avec la conquête de l'espace pour laquelle les Soviétiques devançaient les Américains en se posant les premiers sur la lune. Dans Paris, secteur soviétique, c'est le Débarquement que les Américains manquent, amenant l'Armée rouge à Paris qui devient alors coupée en deux, comme Berlin le fut dans la vraie vie. Dans le 3e et 4e tome, l'armistice est signé... en 1915, car l'Allemagne a gagné la guerre, obligeant Clémenceau à engager la résistance depuis Alger.

Bref, tout est chamboulé et les scénaristes se chargent d'inventer les petites histoires qui vont expliquer la nouvelle grande.
Pour le 5e opus de la série, la couverture – toujours façon Life magazine, revu par Fred Blanchard – nous rappelle l'assassinat de Kennedy à Dallas. Sauf que la date ne correspond pas : 22 novembre 1973. Et d'ailleurs, le pauvre Kennedy disparaît totalement de cette version de l'histoire au profit de Nixon et d'un complot où Lee Harvey Oswald est remplacé par un Français...

 

Delcourt - 2010

Charly 9
Jean Teulé
Charly 9

Jean Teulé est infréquentable, c'est bien connu. Et là, il nous « dégomme » royalement l'un de nos plus navrants monarques : Charles IX. Le Charles IX à qui l'on doit le massacre de la Saint-Barthélémy et quelques autres petites choses pas plus héroïques ni sensées. C'est par exemple à lui que l'on doit la tradition du muguet au 1er mai (sauf que la distribution royale de muguet par les soldats a engendré un empoisonnement général puisque la population a mangé ledit muguet, hautement toxique...).

Roi à 22 ans et... mort un an et demi après. Jean Teulé va le massacrer sans en rajouter dans les faits qui sont déjà suffisamment lourds. Certes, le roi a des circonstances atténuantes ; et notamment, une mère, Catherine de Médicis... Mais quand même ! Teulé réinvente l'itinéraire chaotique de ce jeune roi et va en faire un fou – ce qu'il est devenu probablement – mais un fou qu'il va traîner dans des situations burlesques et échevelées où le style Teulé a coutume de s'épanouir. La Cour n'en sort pas grandie non plus, même si les poètes s'en tirent encore à peu près.

De victime, (« Je ne réussis rien. Je ressemble à ces chiens qui sont entrés dans l'eau et qui ne peuvent regagner le bord car le courant les emporte si bien qu'en nageant toujours à la fin ils se noient. Aussi, moi, je fais ce que je puis en cette tempête pour me tirer sur le bord et y mettre les gens de mon royaume mais nous y sommes entrés trop avant pour en sortir, au moins moi qui sens bien que je me noie et ne puis plus me sauver. »), le roi devient grotesque cinglé(« Je pourrais aussi faire assassiner mes proches. Enfin, ceux qui me restent car j'en ai déjà buté pas mal. Ce matin, par exemple, j'ai failli trucider ma soeur et un frère. »).

« Charly 9 » mourra détesté de tous. Cela va (presque) sans dire.

HD

Julliard - 2011

Jeanne D'Arc
Jeanne Puchol et Valérie Mangin

Chaque année, Rouen célèbre respectueusement Jeanne. Valérie Mangin revisite avec Jeanne Puchol le mythe de la bergère de Domrémy. Qui n'est pucelle que l'on croyait... Amoureuse, volontiers manipulatrice, la Jeanne en question est plutôt versée dans la sorcellerie et a envie de tout sauf d'une existence longue et ennuyeuse. Conséquemment, on ne voit plus l'héroïne de l'Histoire de France de la même façon. Une curiosité.

éditions Dupuis - 2011

L'imagination au pouvoir ?
Fred Duval, Jean-Pierre Pécau & Mr Fab

 

« L'imagination au pouvoir ? » Le dernier album co-scénarisé par le Rouennais Fred Duval (avec Jean-Pierre Pécau) devait forcément sortir en mai. Référence oblige. Car le dernier-né de la collection Jour J paru chez Dargaud revient sur Mai 68, avec toujours le même principe de base : imaginer comment l'Histoire aurait évolué si elle avait basculé à des moments charnières. Déjà le 6e tome d'une série qui avance à grandes enjambées, mettant à contribution à chaque fois un dessinateur différent. Et cette fois, avec Mr Fab, Fred Duval nous fait découvrir Paris dévastée après la guerre civile, en mai 1973, en pleine reconstruction. Les scénaristes s'en donnent à coeur joie en mettant en scène notamment Daniel Cohn-Bendit, François Mitterrand et Jacques Chirac, avec en toile de fond, le vol de 200 millions de Francs, mystérieusement échappés de la Banque de France et convoyés par le métro...

Delcourt - 2011

La Vie rurale en Seine-Maritime
Laure Banse

Plus de 250 clichés sur un monde qui s'efface. A l'aube du XXe siècle, la mutation de l'agriculture est profonde et ces images de nos campagnes de Seine-Maritime en témoignent. La machine va remplacer l'homme, les cultures vont elles aussi changer ainsi que l'élevage. Laure Banse a pris un soin tout particulier à aller bien au-delà d'une simple légende pour mettre les faits en perspective. Un retour éclairant dans le passé.

Editions des Falaises - 2011

Tant que je vivrai
Frania Eisenbach Haverland

Pendant plus de 40 ans, elle n'a pas parlé. Frania a 13 ans en 1939. Elle connaîtra le ghetto de Tarnow, le camp de la mort de Plaszow puis Birkenau. Toute sa famille a été décimée. Six années d'horreur jusqu'en avril 1945. Arrivée en France, elle est sans famille, sans maison et doit abandonner sa langue natale... Aujourd'hui, elle témoigne dans un livre paru en 2007 et augmenté dans son édition 2011, préfacée par un médecin rouennais, Rémi Picard.

Frania Eisenbach Haverland rencontre ses lecteurs samedi 22 octobre à 15h.

 

edite - 2011