Jean Teulé est infréquentable, c'est bien connu. Et là, il nous « dégomme » royalement l'un de nos plus navrants monarques : Charles IX. Le Charles IX à qui l'on doit le massacre de la Saint-Barthélémy et quelques autres petites choses pas plus héroïques ni sensées. C'est par exemple à lui que l'on doit la tradition du muguet au 1er mai (sauf que la distribution royale de muguet par les soldats a engendré un empoisonnement général puisque la population a mangé ledit muguet, hautement toxique...).
Roi à 22 ans et... mort un an et demi après. Jean Teulé va le massacrer sans en rajouter dans les faits qui sont déjà suffisamment lourds. Certes, le roi a des circonstances atténuantes ; et notamment, une mère, Catherine de Médicis... Mais quand même ! Teulé réinvente l'itinéraire chaotique de ce jeune roi et va en faire un fou – ce qu'il est devenu probablement – mais un fou qu'il va traîner dans des situations burlesques et échevelées où le style Teulé a coutume de s'épanouir. La Cour n'en sort pas grandie non plus, même si les poètes s'en tirent encore à peu près.
De victime, (« Je ne réussis rien. Je ressemble à ces chiens qui sont entrés dans l'eau et qui ne peuvent regagner le bord car le courant les emporte si bien qu'en nageant toujours à la fin ils se noient. Aussi, moi, je fais ce que je puis en cette tempête pour me tirer sur le bord et y mettre les gens de mon royaume mais nous y sommes entrés trop avant pour en sortir, au moins moi qui sens bien que je me noie et ne puis plus me sauver. »), le roi devient grotesque cinglé(« Je pourrais aussi faire assassiner mes proches. Enfin, ceux qui me restent car j'en ai déjà buté pas mal. Ce matin, par exemple, j'ai failli trucider ma soeur et un frère. »).
« Charly 9 » mourra détesté de tous. Cela va (presque) sans dire.
HD